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 Ammouri et Ousman

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AuteurMessage
Mohamed ouagrar



Messages : 158
Date d'inscription : 11/06/2008

MessageSujet: Ammouri et Ousman   Dim 15 Avr - 20:20

.MISE AU POINT

A propos du livre * Le groupe Amazighe Ousmane* de Tarek El Maaroufi.

Par : Ammouri Mbarek (ex membre vocaliste et compositeur du groupe Ousmane.)

Ce n’est pas par sentiment de rancune ou de désir de polémique stérile, que j’ai décidé d’apporter des éclaircissements, après avoir lu le livre en question. Ayant remarqué que l’auteur avait pour objectif principal de mettre en question mon apport et ma contribution artistiques au sein du groupe Ousmane, j’ai jugé qu’il était de mon droit légitime d’apporter ma version des choses, afin que l’opinion publique ne soit pas dupe et puisse ainsi trancher.

La véritable première pierre de la fondation du groupe Ousmane a été posée à Tiznit en date du 12 Aout 1973 par Monsieur Brahim AKHIAT, président de l’Association Marocaine pour la recherche et les échanges culturels (AMREC). En effet, c’est lors d’une fête de mariage, où je chantais avec mon ancien groupe de Taroudant (souss five), que je fis sa connaissance. Avec ce groupe, on chantait uniquement en arabe dialectal. Le mouvement de groupes chantant en Tamazight n’existait pas encore. Mais, curieusement, l’une des chansons de notre répertoire comprenait un refrain chanté en Tamazight ( ayatbir umlil ayatbir ). Ce n’était pas un hasard, mais c’était bel et bien voulu de ma part, par instinct, conscient de mon appartenance linguistique et culturelle ! Ce n’était pas sans peine que je suis arrivé à convaincre les membres du groupe, car au début, ils s’étaient catégoriquement opposés à cette idée. C’est justement en remarquant ce refrain que Mr. Akhiat s’est adressé à moi, se présentant comme président d’une association Amazigh basée à Rabat, et qu’il avait l’intention de créer un groupe de musique Amazighe, me proposant ainsi de venir à Rabat pour en faire partie. J’acceptai sans hésiter son offre. Le rêve de partir, un jour, à la recherche de la gloire et de mon épanouissement artistique me travaillait bien avant cette rencontre, sachant que mon avenir artistique n’était pas à Taroudant, vu son éloignement de la sphère artistique qu’était Casa et Rabat. Ce n’était nullement par reniement de mes amis de mon ex groupe ou par pur opportunisme, comme veut le faire croire l’auteur du livre (p.68) que j’ai quitté ce groupe. C’était parce que je connaissais les limites de cette formation et son incapacité de pouvoir tenter une aventure artistique, vu les obligations familiales et professionnelles de ses membres.

Après m’être installé à Rabat, Akhiat me présenta Bijaad Said, le violoniste du groupe ainsi que Boutroufine Said, percussionniste. Par la suite Bélaid Elakkaf, guitariste, et Korfi Lyazid, accordéoniste, rejoignèrent le groupe. En page (23), l’auteur veut absolument se prendre pour le véritable fondateur du groupe Ousmane lorsqu’il raconta qu’à sa rencontre avec Bijaad Said, qu’il connaissait auparavant, sur l’avenue Med V à Rabat, celui-ci lui proposa de créer un groupe de chant en Tamazight, en même temps qu’il lui présentait un jeune qui l’accompagnait, s’agissant de moi, et dont je lui était proposé pour devenir le vocaliste du groupe. Avec magnanimité, sic, son honneur accepta ma participation’ !!! Encore une fois, c’est bien à Tiznit et non sur l’av. Med V de Rabat que la création d’Ousmane a commencé.
Lors de ma rencontre avec Mr.Akhiat, à Tiznit, il a été nullement question que je vienne à Rabat pour remplacer Moumen Safi Ali (p.26) qui était, selon l’auteur, chanteur et compositeur du groupe, lequel ? En tout cas, Ousmane n’existait pas encore ! Ma venue, donc, à Rabat était de participer à part entière à la naissance du groupe et non pour remplacer Moumen Safi Ali, qui, selon l’auteur, était muté à Ouarzazat .
Son acharnement continua de plus belle, racontant qu’après le concert donné à la foire agricole de Taroudant en 1978 (p.30) les membres du groupe furent confrontés à une problématique me concernant. Il avança que mes anciens amis de Taroudant exercèrent sur moi des pressions pour que je renonce au projet Ousmane et à sa ligne de conduite, et reprendre à chanter en arabe car la culture Amazighe n’était qu’un folklore dépassé et arriéré. ! Pure invention de l’auteur qui cherche à tout prix à me décrédibiliser en cherchant à semer le doute sur mon engagement ainsi que sur mon parcours au sein du mouvement culturel et artistique Amazighe. Sait-il que bien avant Ousmane, en 1971, j’enregistrai ma 1ère chanson en Tamazight ( ar yi aqran s ubrrani achku nkki jligh g ugadir ) à la radio régionale d’Agadir, et ce, indépendamment du groupe (souss five) qui chantait en arabe dialectal, comme indiqué plus haut ? En plus, pourquoi n’ai-je pas opté pour ce revirement après avoir quitté Ousmane en 1979 ? Au contraire, j’ai continué dans le même esprit car mon choix et mon orientation étaient faits depuis longtemps. Je n’ai nullement attendu à ce que l’auteur vienne me faire de leçon de sensibilisation ou d’identité culturelle !

La vérité est ailleurs.

En effet, depuis la création du groupe Ousmane et au fil du temps qui passait, une lourde atmosphère régnait en son sein : manque d’esprit de groupe et de cohésion, absence de conviction et de croyance en l’avenir du groupe et refus de s’engager dans le professionnalisme. Sur le plan artistique, l’animosité de quelques membres du groupe envers moi était palpable, le fait que je sois compositeur et vocaliste du groupe ainsi que ma présence sur scène au premier plan les irritait. Ils avaient la hantise que je sois perçu, aux yeux du public, comme étant le leader du groupe !

Puis vint le point de non retour !

A Taroudant, lors du concert du 9 Avril 1978, voyant que le public n’accrochait pas aux premières chansons du répertoire initial, programmé par le groupe, je proposai aux membres du groupe de chanter une chanson plus rythmée, en l’occurrence, (drn yid imttawn) et non, comme le prétend l’auteur (p.64-65) une chanson de Salim halali ( alalla haylali). Inouï ! D’ailleurs, où est le problème ? chanter Salim Halali serait un crime ? Bon gré, malgré, salim halali est l’un des monuments de la chanson populaire maghrébine.
Devant mon insistance et leur refus d’accepter ma proposition, des membres du groupe me boycottèrent et descendirent de la scène, deux, seulement, me soutinrent. Après ce geste grave et irresponsable, je décidai de quitter définitivement le groupe et continuer ma carrière en solo.
Après l’enregistrement de mon 1er album en 1979 (nik dik anmun) l’auteur raconte que ces chansons allaient être chantées par Ousmane et que ce dernier était le propulseur de Ammouri Mbarek (p.68) D’abord ces chanson sont d’une conception différente de celles chantées avec Ousmane, et quiconque prétend être du domaine musical doit remarquer cette différence. Et pour revenir au véritable compositeur de musique de toutes les œuvres d’Ousmane, sauf 2 ou 3, l’auteur cherche absolument à endosser ce rôle à Moumen Safi Ali, or, Ousmane ne lui a chanté qu’une seule chanson (ass ad ma yufa ?) toutes les autres chansons sont de ma propre composition musicale. A cet effet j’invite l’auteur à aller au bureau Marocain des droits d’auteurs (BMDA) et vérifier sous quel nom toutes ces œuvres sont déposées ? Même si l’auteur continue à s’entêter et à renier que je sois le seul et unique compositeur de musique de ces œuvres, les faits et les preuves sont là pour confirmer cette vérité historique !

Si Ousmane est devenu une école ainsi qu’une référence dans la chanson Marocaine comme l’a souligné l’auteur (p.71) je revendique haut et fort, ma nette contribution à l’édifice de cette école, ainsi que l’apport de ma touche artistique personnelle aux œuvres d’Ousmane qui ont fait sa renommée.

Si Tarek El Maaroufi est aujourd’hui à la recherche d’une reconnaissance, 32 ans après l’éclatement du groupe Ousmane, ce n’est pas en se prenant pour l’apôtre de l’amazighité ou en cherchant à disqualifier quelqu’un qu’il atteindra son objectif. Il lui faudra plutôt qu’il nous fasse part des services rendus à la question amazighe durant ces trois décennies passées ? A quoi est due son éclipse depuis la séparation d’Ousmane ? A-t-il au moins fait des progrès dans l’apprentissage de la langue Amazighe, lui, l’Arabophone, comme il se plait à le dire, ayant intégré une formation chantant en Tamazight, pour ainsi mieux témoigner de la sincérité des ses prises de position concernant les droits de la cause Amazighe ? Rien de tout cela.

Quand on rate son rendez-vous avec l’Histoire, il vaut mieux vivre sa petite histoire tout en évitant de se mêler de celle des autres.

Pour certains, il est aisé de dénigrer et de calomnier, mais il est difficile de reconnaître à quelqu’un ce qui lui revient de droit.

Mise au point écrite par :
AMMOURI Mbarek
Ex membre du groupe Ousmane.
Avril 2O12

Liste des chansons chantées par Ousmane et dont la composition musicale est de AMMOURI Mbarek.

Takndaout
Yagh agh irifi
Tillas
Hayyagh nuchkad
Tabrat
Drn yid imttawn
Ahwach n limun
Ddunit, en tamazight moyen Atlas
Anuhyu
Amzruy imjli
Tagant n tillas
Rwah a nmun
Iqand a nttu
Amuddu
Knniw, en rifain.
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