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 Fleur d'oranger

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gar afgan



Messages : 184
Date d'inscription : 14/09/2008
Localisation : france

MessageSujet: Fleur d'oranger   Ven 7 Mai - 21:41

Chaque fois que Tata Hiba se sentait menacée dans son droit de gérer les affaires de la fratrie, ou qu’elle s’aperçoit que le pouvoir qu’elle exerce sur ses proches est sur le point de lui échapper, ou bien encore plus, quand elle remarque, au milieu d’une assemblée familiale, qu’une personne lui coupe la parole, et la prive ainsi de l’intérêt que portaient les autres sur sa personne, elle simule théâtralement une crise d’épilepsie imaginaire.

Sa crise débute souvent par un cri strident qui vous arrache les tripes et qui vous plonge dans un monde d’horreur et vous avez l’impression, sur le coup, de vivre quelque chose d’affreux. La scène est horripilante.

Tante Hiba étalée par terre, se tordant comme un python étouffant sa proie, vous êtes abasourdis. Elle a cette technique de dissocier les mouvements oculaires qui ne rate jamais de vous rendre plus hébété que vous ne l’êtes.

Tata Zohra, la sœur cadette, est incapable de réaliser cette pirouette quand elle lui arrive, elle aussi, d’user modérément de la dite crise, gymnastique familiales. D’ailleurs, elle le fait pour d’autres motifs qui seraient trop longs d’évoquer ici.

La souffrante se tortille dans tous les sens et réussie à imiter le chameau en dégageant de la bave aux deux coins des lèvres, quelle animale.
-pas mal Tata !lui dis-je, en ajoutant : Khalti Hnia, la spécialiste du genre est complètement gauche pour reproduire, pendant ses crises, les faits et gestes d’un ruminant.

Pendant ce temps, Tata khddouj, la doyenne, me souffla à l’oreille :
-Tais-toi petit…
Et, elle intercepta la bonneTimoujja, Plantée devant la salle ou se joue la pièce.
-Awid yat tzalimt ata (Vas chercher un oignon)

Tata Zohra coupe l’oignon en deux et écrasa une partie contre le nez de tata Hiba qui, sentant le bulbe, éternua, ce qui déclencha une seconde crise plus volcanique que la précédente.

Les frangines se mettent En rang d’oignons pour signifier à Tata Hiba de mettre un terme à la comédie. Celle-ci n’obtempéra pas réalisant, cette fois-ci, des mini- sauts à la façon d’une balle de tennis.

Takhddamt Timoujja tenta de stopper les mouvements. Elle s’est faite empoignée par le bras et jetée dehors comme une chaussette.
Ma mère entra en scène, réempoigna la bonne en lui criant dans le visage :
-Siri jibi ma zhar in3l din mmuk(vas chercher une bouteille de fleur d’oranger, idiote)


On vida le contenu du récipient sur le visage de la comédienne. Une odeur florale inonda la pièce en étalant un calme paisible. Les Tata ont, entre temps, repris leurs palabres.

J’ai remis mes écouteurs pour entendre ma chanson préférée( do you remember) de jay sean, tout en secouant ma tête.

Tata Zohra me jeta un coup d’œil, et me dit :

-Vas y petit, c’est ton tour, la fleur d’oranger n’est pas loin.